24 avril 2008
Parenthèse lusakienne
Bonjour !
Quelques nouvelles de Zambie…
Je sais que je n’écris pas souvent en ce moment, mais on a un rythme assez soutenu et j’ai été assez prise par l’organisation du voyage des parents qui arrivent le 3 Mai, suivis le 4 de ma soeur, et, on l’espère, de Thomas et Anne quelques semaines plus tard…
La semaine dernière, nous étions à Lusaka avec un programme assez chargé : pour Vincent, le Partner’s Forum, qui réunit toutes les cliniques du Sida de Zambie gérées par le Fonds d’aide américain. Pour moi, le meeting du comité finance de CHAZ.
Ensuite, courses en prévision des visites et rencontres diverses, puis accueil de Xavier et Jean de Fidesco (Xavier est le correspondant pays, et Jean le Directeur) sur Lusaka. Discussion sur nos missions, la Zambie, le choix d’éventuels successeurs pour nous, les autres coopérants Fidesco dans le monde… Occasion aussi de partager un moment avec la famille Fidesco de Lusaka.
Enfin, Samedi, mariage de Lutz et Phoebe à la Cathédrale, puis réception dans une lodge très sympa au Sud de Lusaka. Lutz est un ancien coopérant allemand pour le diocèse, qui est revenu après sa coopération, ayant décidé de faire sa vie en Zambie. Il travaille à mi-temps pour le diocèse (en charge de toute la partie informatique) et à mi-temps pour lui-même. Phoebe est zambienne, d’une tribu de l’Est de la Zambie, et son père est un chef assez important de cette tribu. Autant dire que le mariage était assez peu traditionnel, avec des coutumes un peu en tout genre ! C’était en tout cas très sympathique, et c’était super intéressant de voir que de nombreux discours (ou même le sermon à la cathédrale) tournaient autour des difficultés qu’ils allaient rencontrer en tant que couple, avec deux cultures aussi différentes. Parfois, j’apprécie vraiment cette façon décomplexée qu’ont les zambiens d’aborder certains sujets. Ce n’est pas vrai pour tout, évidemment, mais bon… Parler de couleur de peau n’est pas trop sensible ici, dans un pays où l’immense majorité est noire et les blancs pas malheureux. Parler de culture non plus, et croyez-moi, ils n’ont pas fait un portrait tout rose du mariage pour le jeune couple ! Mais, ici, il est naturel de préparer les jeunes mariés aux difficultés qu’ils vont immanquablement rencontrer. Ce n’est pas “gacher la fête”… Avoir un sermon qui raconte l’histoire d’une jeune mariée empoisonnant sa belle-mère pour s’en débarasser, c’est quand même pas banal lors d’un mariage. Heureusement, la jeune mariée se reprend avant d’avoir commis l’irréparrable…
Ca nous a fait aussi bien rire de voir l’Archevêque de Lusaka, présent à la fête, faire un long et intéressant discours sur le mariage chrétien qu’il a terminé en invitant fermement Lutz à redécouvrir sa relation à Dieu, et Phoebe à l’approfondir. Quand on sait que Lutz est protestant, par ses parents, mais sans grande conviction, et Phoebe, anglicane, on se dit que l’Archpishop n’a peur de rien. Mais la famille de Phoebe avait l’air ravie de cette exhortation, et je n’ai senti aucun malaise, pas même chez Lutz. Parler de Dieu n’a rien de tabou, ici, ce qui fait qu’il est plus facile et plus simple de faire les choses en toute amitié. Et dans ce cadre-là, cela paraissait absolument naturel que l’ancien Evêque de Mpika, qui connait tès bien Lutz, l’invite fermement, avec toute l’autorité de son rang et de son âge à se recentrer sur l’essentiel. Je crois même que c’est perçu ici comme une véritable marque d’affection paternelle de sa part.
On a eu la surprise de voir arriver des danseurs traditionnels Ngonis (la tribu de Phoebe). Enfin, nous, on n’était pas trop surpris, on ne s’attendait à rien de précis, mais c’est plutôt le Papa de la mariée qui a eu la surprise. Des membres de son clan se sont déplacés exprès pour le mariage, pour honorer le mariage de la fille du chef avec les danses traditionnelles. Le chef en question, ravi, est venu danser avec eux. Image inoubliable d’un homme en costume et noeud papillon, tenant le bâton traditionnel dansant avec des hommes en costume traditionnel au milieu de femmes qui battaient la mesure et chantaient à plein poumon !
Après, ambiance disco (mais rythmes africains) et tout le monde vient danser, du plus jeune au plus vieux. On a eu des tas de marques d’affection de la famille de Phoebe. J’ai l’impression qu’il est traditionnel de traiter les membres de la famille opposée avec beaucoup d’affection pour bien marquer l’union des deux familles. Comme on est Blancs, on était d’emblée de la famille de Lutz, je suppose.
Et puis il y a eu cette dame, très gentille et très joyeuse, qui nous a simplement demandé de poser avec elle sur une photo. Pensez, au milieu de 4 Blancs bien habillés, ça lui fera un de ces souvenirs ! Bref, l’étonnement et la découverte était le lot de tous à cette fête à mon avis assez peu conventionelle mais très sympathique.
Le lendemain, retour un peu long et fastidieux sur Chilonga, avec une voiture qui refuse de passer la première et la seconde. Heureusement, après avoir quitté Lusaka, il n’y a pas un seul feu rouge sur 600km ! Ca a facilité les choses.
Nous revoilà maintenant à Chilonga, sans voiture et sans fromage (le retour s’effectuant le Dimanche, la “fromagerie” n’était pas ouverte !), un peu fatigués mais plus détendus qu’avant. Cette parenthèse lusakienne nous a fait du bien.
Accessoirement, elle nous a fait sentir à quel point la réadaptation en France va être exigeante. Entre le bruit, l’activité de la ville, et le calme de Chilonga, il y a un monde… Il va aussi falloir se réhabituer aux publicités, aux modes vestimentaires, aux relations moins détendues, au stress de la vie “civilisée” etc… bon, enfin, on a encore un peu de temps devant nous pour se préparer !
A propos du dernier article, je vois qu’on nous a effectivement menti, puisque qu’il n’est pas possible de savoir précisément dans quel hémisphère on est en regardant l’eau s’écouler. J’ajoute que Greg sera puni pour avoir rédigé une note incompréhensible, même après plusieurs lectures attentives… Greg, au coin, jusqu’à la récré ! (vivement la fin des vacances scolaires, que je ne me défoule plus sur d’autres personnes que mes élèves !).
J’ajoute après réflexion que, le problème, c’est que les aiguilles d’une montre ne tournent pas dans le même sens selon qu’on est la tête en haut (hémisphère Nord) ou la tête en bas (hémisphère Sud). Si on prend comme repère un point fixe et non relatif à la montre. Donc, au final, je crois que la conclusion est : ça dépend du sens du vent…
A la prochaine !
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