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29 janvier 2008

Une panne

Début décembre, un camion est tombé en panne entre Chilonga et Mpika, le trajet que je fais 3 fois par semaines.

Ici, quand un camion tombe en panne, les chauffeurs (2 ou 3) commencent par poser des branches sur la route, devant et derrière le camion, afin de signaler leur présence (c’est bien pratique de nuit, ou quand le camion est bloqué dans un virage).

Ensuite, ils attendent d’être dépannés. Et ils attendent souvent plusieurs jours, les dépanneurs venant en général de Dar-Es-Salam ou d’Afrique du Sud. Alors ils s’organisent, s’abritent sous le camion quand il pleut, se divertissent grâce au passage d’autres camions qui s’arrêtent pour leur tenir compagnie.

Mais ce camion-là… On ne sait pas trop pourquoi, il est resté plus de 4 semaines sur le bord de la route !

Imaginez un peu : cela veut dire que pendant 4 semaines, ils ont campé tant bien que mal sur le bord de la route, en attendant avec patience un dépanneur qui visiblement était occupé ailleurs.

D’ailleurs, comment communiquent-ils avec leur patron ou le fameux dépanneur ? Mystère… Moi, j’aurais de puis longtemps vendu la marchandise dans la remorque et pris un nouveau départ ! Mais eux sont restés là patiemment, se réfugiant dans la cabine à chaque pluie, faisant un peu de cuisine sur un feu. J’imagine que les gens du coin leur ont donné de quoi manger, parce que je ne vois pas comment ils ont pu survivre sinon…

Le pire, dans tout ça, c’est que bien souvent je m’emportais contre eux : en effet, d’autres camions (parfois 4 ou 5 !) s’arrêtaient pour la pause à cet endroit (pensez, en 4 semaines, tout le monde savait qu’ils étaient bloqués là !). Du coup, c’était le bazar, car la route n’est pas large et la visibilité assez mauvaise. Et je n’avais vraiment pas envie d’avoir un accident !

Bon, enfin, tout est bien qui finit bien, ils ont pu repartir et la puie a vite balayé, sur le bord de la route, les traces de leur abris et de leur foyer…

21 janvier 2008

Bonne année 2008 !

Bonjour à tous !

Nous vous souhaitons une très bonne année 2008, pleine de joies, de découvertes et de paix.

Ici, les fêtes se sont bien déroulées. Vincent avait pris quelques jours de vacances, ce qui nous a permis d’aller faire le plein pour notre garde-manger le 24 décembre : direction Kasama, à 210km de Mpika, où on trouve un supermarché, un vrai. On y a acheté des carottes, des courgettes, une aubergine (pas très en forme, l’aubergine, mais bon…), des haricots verts, on a failli craquer devant le raisin mais on a tenu bon (le prix nous a un peu aidés…) et on a même acheté du bacon et des yaourts… Le grand luxe, quoi.

Sur le trajet du retour, on s’est arrêtés pour acheter des champignons. Avec le début de la saison des pluies, on en trouve beaucoup, et il y a plein de gens qui les vendent aux rares autos qui passent. Certains specimens font presque la taille d’une roue de bicyclettes, mais on a préféré en prendre des plus petits, qui faisaient quand même facilement 20cm de diamètres.

Le soir, Claire-Marie a rangé toutes les courses et fait la distribution générale (on avait eu pas mal de commandes car nos voisins savaient qu’on allait faire des courses) pendant que Vincent accompagnait dès 16 heures notre curé pour dire la messe de Noel dans une “outstation”, un poste avancé de la paroisse. Celle-ci s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres, donc les prêtres et les soeurs de la paroisse s’étaient répartis un maximum de “outstations” pour être proche des paroissiens, surtout en cette saison des pluies où il est difficile de se déplacer.

Les chapelles des outstations sont très modestes (murs de briques et toits de tôle), avec une hutte miniature (murs en torchis et toit de chaume) qui fait office de tabernacle. Les gens étaient ravis de recevoir le curé et se fut la fête malgré une averse digne du Déluge.

A Chilonga, moins de surprises, mais autant d’eau, le chemin qui dessert les maisons faisait office de ruisseau, ce qui pose de graves cas de conscience du type “je sais qu’il y a un trou dans ce coin, mais où exactement ? (Plouf !) ah, il était là !”. L’enjeu n’étant pas de passer au sec, mais de passer au moins profond…

 

Le 25, petit repas en amoureux, avec toutes les bonnes choses rapportées la veille et celles qu’on avait reçues par colis (foie gras, douceurs et autres). Le soir, fiesta avec les prêtres de la paroisse, notre administrateur apostolique (hein ? c’est quoi ça ? C’est un prêtre qui remplace un évêque en attendant la nomination du nouvel évêque), Pauline et Lonnie, Father Thomas, et le nouveau médecin congolais. Des zambiens, un polonais, un canadien, une néerlandaise, un américain, un allemand, un congolais et des français…

Nouvel An fut très calme, nous sommes allés à la messe à Chilonga, et notre curé est venu après le dîner pour une partie de carte. On s’est couchés bien avant minuit, et bien sûr, on n’a pas été réveillés, parce qu’ici, ce n’est pas une grande fête, on ne voit pas trop l’utilité de rester éveillés juste pour regarder les aiguilles de l’horloge afficher minuit…

Depuis, on a tous les deux repris le boulot, et on se rend compte que 2008 sera pour nous l’année du retour. Ca nous paraissait tellement loin quand nous sommes partis ! Mais maintenant, nous sommes à plus de la moitié du séjour, on entre dans l’année du retour, le diocèse vient de recevoir un nouveau volontaire (un allemand qui fait son service civil en coopération), l’hôpital a un nouveau médecin. Bref, on n’est plus les petits nouveaux, et on commence à compter ce qui nous reste comme mois en zambie et non ceux que nous y avons passés.

Beaucoup nous demandent si on est pressés de rentrer on désespérés de quitter la Zambie. Pour l’instant, les deux, vraiment. On ne s’ennuie pas ici, on continue à apprendre tant de choses, mais en même temps, on réalise à quel point on sera heureux de revenir.

Voilà, je profite de ce message pour remercier tout ceux qui nous ont envoyé des voeux, on vous remercie du fond du coeur et on s’excuse de ne pas pouvoir vous répondre individuellement, mais entre le travail et les coupures d’électricité (20 heures d’affilée ce week-end), on a vraiment du mal.

A la prochaine, on va essayer de ne pas vous laisser tomber trop longtemps cette fois…

PS : les commentaires sur un message de ce blog sont fermés après quelques temps (2 ou 3 semaines) donc si je ne mets pas de messages régulièrement, pas moyen pour vous de nous écrire, sorry !