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27 juin 2007
Mise à jour à propos de la souris
Ce n’était pas une souris, mais 2 souris, et l’une d’elle avait bien profité de notre hospitalité : elle était grasse à souhait !
On a fait la bêtise de calfeutrer la porte de l’extérieur, alors qu’en fait elles étaient restés apparemment dans le cagibi. Résultat, elles ont grignoté de leur mieux l’intérieur de la porte pour pouvoir sortir. Notre porte est maintenant comme un morceau de gruyère !!!

Bon, j’devrais pas parler de gruyère, ça va me donner le cafard…
En tout cas, on les a délogés, et elles ont quand même réessayer de s’introduire dans la maison pendant la nuit. Elles ont rongé un autre endroit de la porte, un peu moins vermoulu. Espérons que le bois résistera !!!
Enfin, de toutes façons, on n’en a pas fini avec les envahisseurs, y’a un truc qui a creusé un tunnel débouchant sous la baignoire, et qui a ensuite mis en oeuvre un grand plan de nettoyage pour ramener tous les gravats et insectes morts hors de son “terrier”. Il a déplacé le cache qui refermait l’accès aux tuyauteries, et a tout mis dehors (c’est à dire dans la salle de bain !).
Bon, faut être ouvert et accueillant, mais je crois qu’on va poser des limites !
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25 juin 2007
Internet est de retour…
Chers amis, désolés de vous avoir laissés tomber si longtemps, mais notre pourvoyeur d’internet avait décidé de nous couper de la toile.
Nous revoilà, avec des aventures qui datent un peu hélas, mais j’espère que vous comprendrez !
Pour les nouvelles fraîches (en vrac) :
Pauline est rentrée des Pays-Bas la semaine dernière, après 3 semaines d’absence où Vincent était seul médecin. Ca s’est très bien passé.
A son retour, nous sommes allés passer 3 jours à Mutinondo pour décompresser. Nous avons vécu au rythme du soleil, proches de la nature et loin de nos soucis professionels. Une bonne pause.
Nous avons une souris qui nous grignote tous les soirs la porte en bois moulu de notre cuisine pour aller manger de la farine de maïs dans notre cagibi. Nous essayons de bloquer l’accès à la porte et de renforcer celle-ci, mais elle a l’air d’être coriace et rusée, cette souris.
Hier, messe d’action de grâce à Chilonga, occasion de se rendre compte de notre chance de vivre ici.
Cette nuit, césarienne effectuée par Vincent sur une jeune patiente un peu limitée qui refusait de pousser pendant les contractions. Il est rentré épuisé à 4h30 du matin…
Saison froide oblige, nous portons nos polaires et dormons sous 3 couvertures… mais sans moustiques !
Je joins 2 autres articles qui étaient en attente de publication.
Bonne lecture et à bientôt, si la fée internet est d’accord !
16:07 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Le CHAZ Annual Council
Claire-Marie a passé quelques jours à Lusaka pour une rencontre annuelle du CHAZ.
CHAZ, c’est Churches Health Association of Zambia, l’Association de Santé des Eglises de Zambie. C’est un regroupement de toutes les institutions de santé gérées par des communautés chrétiennes.
Les missions de CHAZ : proposer une seule structure de gestion des fonds pour les donateurs et les programmes de santé internationaux, faire du lobbying auprès du gouvernement et permettre de se grouper pour acheter des médicaments.
Les différentes Eglises présentes :
Eglise catholique
Eglise protestante unie de Zambie
Eglise anglicane
Eglise baptiste
Eglise pentecotiste
Eglise évangélique
Armée du Salut
Brethen in Christ (connaîs pas en français !)
Eglise copte
Eglise luthérienne
Eglise adventiste
Etc…
Etrange regroupement, où se cotoient des visages, des vêtements et des cultures de toutes les couleurs !
Il y avait des zambiens, bien sûr, en grande majorité, mais j’ai rencontré aussi une tanzanienne, un congolais, un américain, une polonaise, une irlandaise, deux anglaises, une allemande, trois néerlandais, une italienne, une indienne, deux chinoises, et je suis sûre que j’en oublie plein…
Pour les vêtements, il y avait une large dominante de robes et voiles, beaucoup de dispensaires étant tenus par des soeurs catholiques. Mais comme beaucoup de congrégations étaient présentes, la variété était quand même au rendez-vous : voiles blancs, noirs, gris, bleu foncé, bleu clair et même violet (avait-il changé de couleur au lavage ?).
Ensuite, il y avait les prêtres catholiques, en noir et col romain et les prêtres anglicans, en gris. Deux évêques évangélistes étaient habillés de chemises au motif africain avec de grandes croix sur la poitrine. Il y avait aussi les uniformes militaires de l’armée du salut, et la djellabah d’un représentant de l’Eglise Copte.
Le reste allait du vêtement traditionnel zambien au costume chic pour ceux qui s’étaient faits beaux pour l’occasion.
Quant aux cultures, c’était ce qu’il y avait de plus drôle : tout le monde s’exprimait majoritairement en anglais, mais on entendait ça et là les langues locales. Surtout, au delà de la langue, c’était la façon de s’exprimer qui était drôle : le prêtre catholique parlait posément comme un ami qui vous explique un point technique, le pasteur baptiste avait un discours hyper bien construit et rationnel, parlant en consultant à peine ses notes, le pentecotiste hurlait dans le micro à en faire trembler les murs et se laissait emporter souvent bien loin du sujet par son émotion, et un autre (je ne sais plus quelle dénomination) faisait blague sur blague pour garder l’auditoire éveillé…
Bref, c’était enrichissant, surtout que tout ce monde se cotoie sans heurts ni divisions, et cela implique que chacun y mette du sien, comme vous pouvez l’imaginer. Mais c’est l’intérêt des patients qui est en jeu, et personne ne l’oublie, c’est chouette. J’ai reçu une grande et belle leçon d’oecuménisme.
Au programme, nous avons révisé la constitution, afin de mieux faire coller le fonctionnement de CHAZ aux besoins des institutions, nous avons partagé nos soucis et nos expériences, nous avons réfléchi sur le thème du “Christian leadership” (leader, au sens de respondable, guide, chef, personne d’influence etc…) et nous avons accueilli 5 nouvelles institutions de santé dans nos rangs (les 5 sont impliquées dans la distribution d’antirétroviraux, médicaments qui empêchent le virus du Sida de se multiplier).
Nous avons surtout eu la visite de Son Excellence Levy Patrick Mwanawasa, Président de la République, et de Son Excellence Kenneth Kaunda, premier Président après l’Indépendance. Deux chefs d’Etat en 2 jours, quelle classe !
J’ai été très touchée par la tendresse respectueuse dont ils ont entouré leur premier Président, l’appelant “Père de notre nation” ou “Père de notre unité”. Celui-ci, à 83 ans, nous a fait un speech de trois quarts d’heure debout, en nous faisant chanter à deux reprises ! C’étaient 2 chants en langues nyanja, je crois, pour mobiliser tout le monde contre le Sida.
Il faut dire qu’ici, chanter se fait sans difficulté. Il nous a donné les phrases du refrain et la mélodie, et après, il a chanté en nous faisant répondre à ses phrases par celles du refrain. Dès le deuxième couplet, on avait 3 ou 4 voix dans la salle. Les 2 chants se sont terminés par Kaunda qui disait “One Nation” et tout le monde “One Zambia” puis “One Continent” avec comme réponse “One Africa”. Ceci pour souligner d’une part que la Zambie doit rester unie malgré ses quelques 73 tribus, et d’autre part que la lutte contre le sida doit se faire au niveau du continent car tous les pays africains sont concernés.
Bref, il m’a fait l’impression d’être un grand homme, intelligent, vif, plein d’humour et qui avait bien marqué l’histoire de son pays.
Nous avons terminé par l’éléction des membres du conseil d’adminsitration de CHAZ, et aussi des comités de consultation. Je me retrouve donc élue dans le comité des finances, et on ne rigole pas ! Nous nous étions réunis avec tous les cathos la veille et personne ne voulait se présenter pour ce comité, alors j’ai été parachutée là (les cathos représentant plus de la moitié des votes, pas moyen d’y couper…).
Voilà quelques jours en hauts en couleurs, et qui m’ont aussi permis de revoir une dernière fois la famille Fidesco de Lusaka, qui rentrent en France dans une dizaine de jours après 2 ans de mission. Ils seront remplacés par une nouvelle famille qui viendra en Septembre.
Je termine par quelques histoires qui m’ont été comptées pendant ces quelques jours :
- Un dispensaire est situé sur une île. Récemment, lors d’un accouchement qui se passait mal, ils ont dû emmener la parturiente à bord d’un canoe, dans la nuit et au milieu des crocos !
- Une région de l’Ouest n’avait de l’électricité que de 18h00 à 21h00 depuis quelques années. Ils viennent de passer à l’électricité en continu. Problème : la plupart des installations ne sont pas équippées d’interrupteur !
- Une anglaise, travaillant dans un dispensaire de l’Ouest, qui s’était faite piquer par un scorpion nous expliquait qu’elle n’avait pas eu le réflexe d’attrapper le scorpion pour en manger la queue, meilleur remède contre les douleurs terribles de la blessure selon elle.
Voilà, à bientôt !
15:18 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
La première messe du Père Nicolas
Lors du Dimanche de Pentecôte, nous avons eu la première messe du Père Nicolas. Il est originaire de Chilonga, et il avait été ordonné la veille à la cathédrale de Mpika.
C’était un grand événement : le village fêtait l’accession d’un de ses membres au statut de prêtre, qui n’est pas pris à la légère ici. Comme en plus il s’agissait du fils du chef du village, personne ne voulait manquer cela.
L’église était comble, ce qui devait faire un peu plus de 900 personnes. Les enfants étaient rassemblés devant à gauche et se sont tenus impeccablement pendant toute la cérémonie (comme d’habitude, d’ailleurs). Il faut dire qu’ils sont surveillés par des dames qui restent debout pendant toute la messe pour mieux fusiller du regard les resquilleurs. Mais ne plaignez pas trop vite les enfants de Chilonga. Ici, il n’est pas rare de les voir se lever et quitter l’église, pour les voir revenir quelques temps plus tard. Ils le font très sagement et silencieusement, et toujours à un moment adéquat, mais cela permet à ceux qui veulent se dégourdir les jambes et les zygomatiques de le faire sans embêter personne. Je trouve le système intéressant, puisqu’il oblige les plus grands à apprendre l’organisation de la messe pour savoir quand partir et quand revenir sans perturber la célébration, et il impose à tous de se comporter parfaitement à l’intérieur de l’église, tout en laissant un échappatoire pour ceux qui souffrent trop…
Le jeune prêtre était entouré des deux prêtres de notre paroisse, du curé de la paroisse où il servira dans quelques semaines, et d’un séminariste. Le plus âgé des prêtres devait avoir dans les 45 ans et était le seul blanc. Ici, les séminaristes sont nombreux (une trentaine), pour un diocèse qui ne compte qu’une quinzaine de paroisses ! Ainsi, le problème ici est que les prêtres sont plutôt trop jeune et ont besoin d’être encadrés, au moins au début. C’est donc assez différent de chez nous !
La messe était organisée de façon à ce que Nicolas en fasse le moins possible, pour lui faciliter la tâche, on lui a donc épargné lecture de l’Evangile, sermon, gestion des différents lectionnaires, missel etc… C’était touchant de voir ces prêtres autour de lui, plein de petites attentions pour lui éviter toute angoisse ou difficulté. Un de ceux-ci avait été ordonné l’année précédente, et on sentait qu’il se mettait à la place de son collègue ! En même temps, leur présence était discrète, afin de lui laisser en tout la première place, comme en témoignait sa magnifique chasuble toute dorée.
A plusieurs reprises, des femmes de l’assistance ont “hululé”, à la manière des femmes d’Afrique du Nord quand elles font leur “youyou”. Ici, c’est le signe d’une joie très intense. La chorale n’était pas en reste, avec plus de 40 chanteurs ! Ici, on chante de tout son coeur sans travailler la voix. Cela donne un ensemble puissant qui vous prend aux tripes.
Vers la fin de la messe, il y a eu une procession de cadeaux pour le jeune prêtre, qui était assis sur une chaise immense, comme un roi recevant les hommages de ses sujets. Cette impression était renforcée par le salut Bemba, que beaucoup ont pratiqué, en ce jou solennel, jusqu’à la génuflexion. Dans notre culture, cela est étrange, sans doute, de voir de vieilles dames s’agenouiller devant un jeune homme, mais dans la culture Bemba, quelle fête, quel accueil, quelle gratitude !
15:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note