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22 mai 2007

Bonjour en Bemba

Les salutations sont très importantes ici mais on commence à peine à les maîtriser ! Voici un petit mode d’emploi.

 

D’abord, tout se décline sur 2 modes : le premier est un souhait (type “bonne journée !”) et le deuxième une question (type “est-ce que la journée est bonne ?”)

 

Ensuite, il y la formule de politesse, et une formule plus familière. Fort heureusement, les Bembas usent très peu de la deuxième formule, car ils sont très attachés au respect.

 

Après, et c’est là que ça se complique, il y a le verbe ou l’action qui correspond à la salutation. (le réveil, le travail, le repos, le repas, la prière etc...)

 

Bref, si on combine tout ça, les possibilités sont … nombreuses.

 

Quelques exemples :

 

Mwabukashani ?  Comment se passe votre réveil ?

 

Mwalila ? Tu manges bien ?

 

Mwabombeni ! Bon travail (à vous) !

 

La réponse est plus simple : “eha mukwaï !” si c’est juste un souhait (merci !) et “Buino mukwaï !” si c’était une question à laquelle on veut répondre “bien, merci !”.

 

Mais le problème, c’est que les Bembas (toujours par respect) attendent que nous fassions les salutations, du coup, pas moyen de ruser et de ne faire que les réponses, on est obligés de toutes les apprendre !

 

Mais les activités sont infinies (on peut même saluer une femme qui sort de la salle de travail en lui disant “comment va l’accouchement ?”), et il y a des subtilités : si vous n’avez pas vu quelqu’un depuis longtemps, la salutation est différente (c’est un “comment vas-tu depuis l’temps ?”). De même si on veut exprimer une sollicitude particulière à son interlocuteur…

 

ET PUIS, il n’y a pas que les mots. Il y a les gestes !

 

Alors, d’abord, il y a un fléchissement des genoux quand vous saluez quelqu’un. Ca peut aller jusqu’à mettre un genoux en terre (quand un simple paysan croise un ministre ou un évêque, voire quand un patient rencontre le Docteur ! Oups, embarrassant comme situation…). Si vous êtes loin de la personne, ou si vous ne la connaissez pas, joindre ses mains devant soit ou mettre la main droite sur le coeur pendant le fléchissement suffit. Sinon, on peut serrer la main de son interlocuteur.

 

Si on le connaît, si on veut lui marquer de l’affection (ou du respect, bien sûr) on fait un “Bemba handshake” : on serre la main normalement, puis on tourne le poignet vers le haut de façon à serrer le pouce et non plus les doigts, puis on revient vers la position initiale. Tout ça, genoux fléchis bien sûr… ET, la main gauche tient le coude ou l’avant-bras droit, parce que prendre ou donner quelque chose à une main, c’est le comble du manque de respect !

 

Bref, au bout de quelques mois, on arrive à synchroniser la voix, les genoux et les mains, et c’est formidable, on sait dire bonjour en Bemba !

 

Et ça vaut le coup, parce que saluer en Bemba, c’est se faire immédiatement des amis. Les Bembas sont ravis qu’on fasse un effort pour apprendre leur langue, et très fiers de nous l’apprendre. Vraiment, ça nous touche beaucoup de voir leur réaction quand on les salue dans leur langue. Ils font immédiatement un commentaire comme quoi on sera bientôt bilingue (y’a de la marge) et comme quoi c’est vraiment sympa qu’on apprenne le Bemba. C’est comme acheter du manioc au marché. Tout d’un coup, on ne vous propose plus des tomates et des oignons, mais des patates douces, des haricots et plein d’autres trucs locaux. On entre dans le club des initiés, quoi.

 

Et on se dit qu’on est bien exigeants en France, parce qu’un étranger qui sait dire “bonjour”, ça ne le fait pas entrer dans la catégorie des “gens biens”. Bon faut dire que c’est plus simple chez nous, aussi…

 

Enfin, voilà, ce qu’il faut retenir, c’est que les Bembas sont très respectueux des autres, et donc des formes. Pour un étranger, c’est d’autant plus dur que les Bembas attendent (par respect) que ce soit l’étranger qui donne le ton de la relation. Au début, c’est très déstabilisant : on est en pays étranger, on essaie de pas trop se faire remarquer par nos mauvaises manières, donc on essaie de rester discret et de faire comme tout le monde. Ben non, justement, c’est eux qui vont faire comme vous ! Dur, dur…

… c’est reparti !

Désolés, on n’est pas très bavards en ce moment, mais il faut dire que les choses se bousculent un peu. Alors, un petit résumé pour vous remettre dans l’ambiance…

Lusaka

Vincent a suivi son congrès qui réunissait toutes les institutions distribuant des antirétroviraux sous la houlette d’un gros donateur : CRS (le secours catholique américain).

Il a bien profité de ces 3 jours tous frais payés à l’hôtel, avec nourriture et ambiance occidentale.

Claire-Marie a profité à sa manière de l’hôtel, ne quittant guère la chambre à cause d’une mauvaise gastro. Dommage, quand c’est la seule occasion pendant plusieurs mois de manger de vraies pizzas, des glaces etc…

On a terminé notre séjour là-bas, chez les Cherisey, famille Fidesco. C’était chouette de pouvoir partager avec eux une vie de famille (5 enfants, c’est vivant !)

Mutinondo

Après Lusaka, on est remontés sur Chilonga, poser nos valises et les refaire pour 4 jours de camping. Mutinondo est à 1h30 de route de Chilonga (C’est rien du tout, ici).

Au programme : ballades, à pied ou à cheval, baignade dans la rivière, retour de ballade de nuit sur le toit d’un 4x4 (attention aux branches !), pommes de terre sous la cendre (mmmmh), bataille avec les fourmis et les corbeaux pour garder nos victuailles pour nous, et siestes à gogo.

Pour Vincent, être loin de Chilonga, ça veut dire ne pas être de garde une nuit sur deux, ne pas avoir le choix entre travailler un peu plus ou aller se reposer. L’expression “on se fait un moment Mutinondo” risque de passer à la postérité.

Reprise du travail

Mais si on profite du farniente, c’est bien parce qu’on travaille de temps en temps ! Le retour dans la vie active s’est fait assez doucement puisque le 1er Mai est auusi férié ici. Restait donc une semaine de 3 jours qui nous a permis de nous remettre tranquillement dans le bain.

Visite de Xavier

La semaine dernière, nous avons eu la visite de Xavier, notre correspondant de pays Fidesco. Occasion de faire le point sur nos missions, notre intégration, et le rôle de Fidesco sur le diocèse. Occasion aussi de manger du saucisson et du chocolat ! (pour le chocolat on n’a que du Cadbury ici, et je peux vous dire qu’on n’a pas fait les fines bouches longtemps ! Quant au saucisson, on ne se savait plus à quoi ça ressemblait).

Vacances de Pauline

Et maintenant, Pauline est partie pour 3 semaines au Pays-Bas. Vincent est donc à nouveau seul médecin pour l’hôpital. La grosse différence avec la fois précédente, c’est que normalement, cette fois, il va gérer seul les césariennes sans scomplications apparentes. En fait, à Chilonga, ils manquent de personnel formé pour les opérations, donc c’est souvent le deuxième médecin qui joue le rôle d’assistant. Vincent était ravi de cette situation, qui lui permettait d’être “assisté” par quelqu’un de très expérimenté ! Ca lui a bien servi une ou deux fois quand il y a eu des complications. Mais là, c’est le grand saut sans parachute de secours… et pour les cas plus compliqués (3ème césarienne, rupture d’utérus…) il va devoir envoyer les patients à Mpika, voire Kasama (250km). Mais c’est sans garantie qu’ils voient un médecin, car beaucoup de médecins de la Province du nord sont en congé longue durée, en formation etc…

Cours d’informatiques

Claire-Marie avait suggéré innocemment à Chilonga qu’elle pouvait aider dans des formations informatique. Résultat, plus de 40 volontaires, qui n’ont pour la plupart jamais eu une souris en main ! Va falloir assurer…

Donc c’est reparti, et sur les chapeaux de roues !