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26 janvier 2007
Pauline is back !!!
C’est le cri du coeur de Vincent…
Finie la période où il était seul médecin pour tout l’hôpital ! OUFFF !
Bien sûr, il s’en est sorti comme un chef (comment ça, vous pensez que mon opinion est biaisée ?!) mais c’était quand même très dur. Beaucoup de décisions à prendre seul, pas de possibilité de discuter des cas difficiles, rupture de stock des traitements anti-palu, accident d’autocars (plus de 30 blessés un Dimanche à 3 heures du matin), des infirmières qui contestent ses décisions… il aura tout eu…
Heureusement, à mi-parcours, nous avons eu la visite d’un couple de médecins américains spécialisés dans le traitement des patients VIH. Ils se sont essentiellement occupés de la clinique qui suit ces patients, mais Vincent a pu discuter avec eux des cas un peu difficiles ou compliqués. Et puis Vincent n’était pas consulté pour cette clinique pendant les 10 jours où ils sont restés à Chilonga, ce qui l’a bien soulagé.
Mais maintenant, Pauline est de retour, et nous allons reprendre un rythme un peu plus normal.
Avec la nouvelle année, tout le monde s’est remis au travail. Nous avons donc maintenant l’assurance que le permis de travail de Vincent est prêt et comme nous n’avons jamais reçu le fax de son enregistrement auprès du Conseil de l’Ordre zambien, c’est le moment d’aller chercher l’original.
Donc Dimanche, départ pour Lusaka, ce qui va nous permettre de refaire le plein de pâtes et de boîtes de conserves. Il y a de quoi se nourrir à Mpika, mais le choix n’est pas toujours très large, et tout ce qui n’est pas frais provient de Tanzanie ou de Lusaka. On paye donc moins cher la plupart des produits à la capitale.
Sinon, nous avons maintenant une fournisseuse officielle de dîner le Vendredi soir : Béatrice a 5 filles et 3 orphelins à charge, et elle est venue nous demander du travail. Nous avons des revenus trop modestes pour avoir une employée de maison, mais nous lui avons proposé de nous faire à dîner une fois par semaine, à condition qu’elle nous donne exactement ce qu’elle prépare pour sa famille. Comme ça, on n’aura plus d’excuse pour ne pas manger zambien à la maison ! On commence ce soir, on vous donnera des nouvelles.
Ce qui m’amène à répondre à une de vos questions, chers lecteurs… Oui, on cultive du maïs en Zambie, c’est même la culture dominante. Ce n’est pas à l’origine une plante locale, mais les premiers colons (italiens et portugais, apparemment) l’ont importée ici (depuis l’Amérique du Sud), et il faut croire que ce fut un succès. Quand on voit à quelle vitesse poussent les champs qui ont été plantés quelques semaines avant Noel, on se dit que le maïs n’est pas malheureux en Zambie.
Le problème, en revanche, c’est que la farine de maïs, base de la shima, est très pauvre au niveau nutritif. Ca remplit bien l’estomac, mais il y a très peu de vitamines et de protéïnes. Il y a donc actuellement beaucoup de projets qui visent à implanter le soja, les fèves ou d’autres plantes, pour améliorer l’équilibre alimentaire de toute la population. On croise beaucoup d’enfants avec les cheveux roux, ce qui est, d’après Vincent, un signe de carence en protéïnes. Donc il y a beaucoup de travail à faire de ce côté !
Voilà, amis lecteurs, il me reste à vous remercier pour votre fidélité qui m’encourage à vous donner des nouvelles de temps en temps !
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11 janvier 2007
Sur la route…
Chers lecteurs, voici pour vous en exclusivité les pratiques zambiennes sur la route.
Dèjà, le mot “route” prête à confusion !
Sur toute la province Nord de la Zambie (soit à peu près une région équivalente à une zone Paris-Lille-Mulhouse) il y a uniquement un grand Y de goudronné, soit un peu moins de 1000 km. Les deux branches hautes du Y mènent vers le Nord : la Tanzanie et le Lac Tanganika. La partie basse mène à Lusaka, au Sud. L’intersectíon est Mpika.
Mais qui dit “goudronné” ne dit pas pour autant “plate, lisse avec les bandes au sol”. Les nids de poule sont fréquents et peu visibles s’ils ne sont pas remplis d’eau.
L’état du reste des voies carrossables est assez variable, et les cartes que l’on trouve dans le commerce ne sont pas très utiles : une piste tracée il y a 5 ans peut très bien être encore enbon état, mais elle peut aussi être à peine empruntable par un 4x4. Cela dépend du terrain local et de la saison des pluies.
Règles de conduite
En Zambie, on conduit à gauche. Qu’on puisse d’ailleurs conduire à droite relève pour eux du niveau de la blague !
Cela dit, la priorité est quand même à droite, ce qui paraît loufoque mais est en réalité très pratique : cela permet de ne pas signaliser de manière spécifique les ronds-points (qu’on prend en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, ceux qui ne comprennent rien n’ont qu’à se faire un dessin !).
La vitesse maximale autorisée sur la route correspond au chiffre indiqué par votre compteur quand vous êtes dans une grande descente toute droite, le pied au plancher… Non, j’exagère un peu. Disons que c’est 120 ou 100 km/h, mais ça n’a pas de sens, ni pour le camion surchargé qui atteint péniblement 70 km/h, ni pour la voiture neuve dont le conducteur entend bien montrer la puissance de son nouvel engin…
Signalisation
Les panneaux de signalisation sont quasiment inexistants, ce qui se comprend, vu que pour faire Lusaka – Mpika (650 km), il y a un seul tournant (l’avantage de ne pas avoir beaucoup de routes, c’est qu’on n’a pas beaucoup l’occasion de se perdre…).
Parfois, on croise quand même une indication de lieu, une mise en garde sur le passage de bétail, ou une limitation de vitesse.
Mais à part les panneaux, il y a beaucoup de signaux :
- une succession de branches mortes sur un côté de la route : attention, véhicule en panne dans une centaine de mètres. Système intelligent, car les branches poussent le conducteur à rouler au milieu de la route, ce qui lui sauve la vie quand, roulant de nuit, il découvre dans ses phares au dernier moment un camion arrêté sur sa voie, sans aucune lumière…
- une perche plantée sur la bas-côté, avec, accroché au bout, un bidon d’essence, une brique, un balai etc… : article exposé en vente dans la hutte la plus proche
Vente de balais sur le bord de la route, ils sont faits à partir d’une seule branche qu’on éfiloche sur la partie basse
- un pneu, ou un vieux bidon d’essence au milieu de la route : point de contrôle de la police. Il faut mettre les feux de détresse, s’arrêter (si on n’est pas du coin, sinon ralentir et saluer suffit) et répondre aux questions : d’où venez-vous, où allez-vous ? On nous a parfois demandé de montrer nos permis de séjour et aussi une fois demandé poliment mais fermement d’emmenner une petite famille sur une distance de 300 km. L’autostop est plus facile quand on a un ami policier…
- un cône orange au milieu de la route : attention, entretien des bas-côtés, par une kyrielle de “tondeurs” (voir article sur les outils bembas).
- une personne qui fait un geste avec le bras de bas en haut : demande d’auto-stop.
- un appel de phare de plusieurs voitures venant en sens inverse : vous ne voyez pas ? Si vous êtes proches de Lusaka, ralentissez jusqu’au passage du radar. Si vous êtes en pleine brousse, vous avez peut-être croisé des blagueurs…
- des appels de phares répétés par un même véhicule de nuit : le conducteur en face a peur que vous soyez endormi et se charge de vous réveiller pour sa sécurité. Restez bien à gauche, mais surtout ralentissez car 9 fois sur 10 le conducteur vous croise en pleins phares, comme ça, il est sûr que vous vous pousserez. Si vous terminez votre course dans les arbres sur la gauche, après tout, c’est pas son problème.
- un clignotant à droite, si le véhicule vient en face de vous : attention, le conducteur trouve que vous êtes trop au mileu de la route, poussez-vous (surtout si c’est un gros camion !).
- un clignotant à droite, si le véhicule est juste devant vous : ne pas dépasser, voie pas dégagée.
- un clignotant à gauche, si le véhicule est juste devant vous : voie dégagée, possibilté de dépasser.
- un subit élargissement de la piste sur quelques mètres : ralentir immédiatement, passage difficile : les véhicules qui vous ont précédé ont tracé des pistes alternatives à droite et à gauche.
- un klaxon répété dans une grande ville : si vous n’étes pas en travers de la route, bus signalant qu’il a encore de la place pour prendre des passagers.
Particularités locales
Le traffic n’est pas celui que l’on connaît en Europe. En moyenne, sur une heure, vous allez croiser à peu près 30 véhicules : une vingtaine de camions, 5 autocars, 3 voitures, et 2 minibus. Sachant que les camions circulent parfois en convoi, ça ne fait pas beaucoup d’animation… Heureusement (?), les vélos et les piétons sont innombrables, et pas peureux pour deux sous. La plupart n’ont pas la moindre idée de ce qu’un véhicule lancé à 100km/h peut faire s’il dévie un peu de sa course…
Les stations essences sont rares et approvisionnées de manière erratique. Il faut donc prévoir de s’arrêter pour le plein longtemps à l’avance. Parfois, il est nécessaire de faire 50km plein Nord, pour faire le plein et avoir une chance d’atteindre, plein Sud, une station essence sur le trajet projeté. Des bidons dans le coffre sont rassurants…
Les animaux sur la route sont fréquents, voici comment réagir :
- poules et chèvres : ralentir fortement, et klaxonner avec insistance. Elles finissent par se pousser.
- cochons : ralentir jusqu’à rouler au pas, et ne reprendre de la vitesse qu’une fois certain que tous les cochons sont derrières : les jeunes courent dans tous les sens, et de manière totalement irrationnelle.
- vaches : s’arrêter, et attendre qu’elles veuillent bien se pousser
- chiens : s’ils sont sur la route, ne pas ralentir, ils vont s’en aller. S’ils sont sur le bas-côté, ralentir, ils vont traverser juste au moment où vous passerez.
Dans certaines contrées reculées (comme la nôtre, par exemple), les voitures sont rares. Les blancs encore plus. Donc des blancs dans une voiture, c’est un évenement ! Avant de partir, vérifiez l’état de vos gencives et de vos dents, et pratiquez quelques assouplissements du poignet et des doigts. Sur la route, vous allez découvrir ce que les candidats à la présidence rêvent de vivre : des enfants qui courent pour vous voir passer, et qui, en découvrant qui est dans la voiture, se mettent à crier de joie en vous faisant des grands bonjours. Impossible de ne pas saluer en retour !
Voilà, je m’arrête là, mais on pourrait encore en dire long… En effet, la route ici n’est pas seulement lieu de passage, mais aussi lieu de vie !
07:19 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10 janvier 2007
Les outils des Bembas
Sur le bord de la route, nous avons pu admirer les outils des gens qui nous entourent :
- le motoculteur local est une sorte de binette (donc un manche en bois relié à une plaque de métal d’une vingtaine de centimètres de large), avec lequel les Bembas retournent leurs champs à une vitesse tout à fait étonnante, dès la première averse de la saison des pluies, pour planter du maïs, dont la farine permet de cuisiner la shima (polenta zambienne), le colza, dont on mange les feuilles en guise d’épinards (le rep), etc. Les champs ont été labourés quelques semaines après notre arrivée, et déjà les premières pousses sont là ! Le sol est pauvre, mais le soleil et la pluie sont de la partie…
- la tronçonneuse zambienne est une hache qui ressemble tout à fait à notre cognée, avec une lame un tout petit peu moins large. Les Bembas sont connus pour être des spécialistes de la coupe du bois, n’hésitant pas à monter dans les arbres pour couper les branches, à cheval sur une branche voisine. La route de Lusaka à Mpika est d’ailleurs bordée régulièrement de gros sachets de charbon de bois, dont le contenu débordant est maintenu en haut par des herbes ou de l’osier tressé. Ce charbon est utilisé pour cuisiner dans des petits fourneaux grillagés cylindriques.
- La tondeuse à gazon locale est une sorte de longue machette pliée au bout comme une crosse de hockey. Un mouvement pendulaire à bout de bras permet de couper herbes et buissons au ras du sol. Des groupes de tondeurs œuvrent le long de la route pour dégager plusieurs mètres de chaque coté, maintenant que l’herbe pousse, pour permettre aux voitures de voir de loin les piétons, les chèvres, les poules, ...
16:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Nous revoilà !
Désolés, nous avons été silencieux bien longtemps. Mais c’est pour privilégier la qualité de nos articles ! (hum, hum)
Nous avons passé Noel sur Chilonga, avec Antoine et Kildine, 2 autres coopérants Fidesco qui sont dans le Sud de la Zambie. Lui est coordinateur des chantiers du diocèse, et elle est coordinatrice santé.
Grandes discussions et partages d’expérience, bons petits plats (faut pas se laisser abbattre !) et parties interminables de squash sur le terrain du diocése étaient au programme.
C’était vraiment super de partager nos difficultés et nos découvertes. Surtout, on se rend compte que Fidesco nous avait donné un conseil précieux avant de partir : ne pas juger pendant les 6 premiers mois. En effet, nous avons tous été confrontés à des choses troublantes, dérangeantes, ou choquantes, mais nous nous sommes rendus compte qu’on ne peut pas interpréter les choses ici comme on le fait en France : tous les repères sont différents et nous ne les maîtrisons pas !
Nous sommes donc regonflés à bloc dans nos bonnes résolutions ! (c’est de saison en plus)
Sinon, le Father Thomas nous a offert une jeune chienne pour Noèl, donc nous voilà responsables d’une petite bête !
Un grand merci pour vos 1000 petits mots, ils nous vont droit au coeur.
16:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note