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28 novembre 2006
L’école en Zambie
Alors, Coco, je prends enfin le temps de répondre à ta question : oui, nous avons vu des enfants qui allaient à l’école… Je dirais même, heureusement que nous les avons vus ! En fait, comme les écoliers anglais, les écoliers zambiens ont un uniforme, donc on les repère assez bien. La couleur et la coupe varient énormément : robes ou jupes bordeaux ou bleues allant jusqu’à mi-mollet pour les filles, pantalons noirs ou marrons avec chemises de toutes les couleurs (jaunes, comme une chemise de louveteaux !, vert kaki ou gris…) pour les graçons.
Ce qui rend les écoliers si visibles, c’est aussi qu’on les voit partout sur les routes : il faut imaginer que les les gens ici vivent dans des maisons très éloignées les unes des autres, dans des endroits très reculés. Alors le gouvernement a installé des écoles partout, pour que tous puissent aller à l’école, mais les enfants ont pas mal de kilomètres à faire avant d’arriver en classe quand même. Du coup, les écoles de campagnes sont très petites : impossible de réunir 1000 élèves comme c’est souvent le cas en France. Ici, il y a souvent 2,3 ou 4 classes de 20 à 50 élèves. Alors on mèlange les niveaux.
Normalement, il y a 12 niveaux : Grade one à Grade Twelve, comme chez nous du CP à la Terminale. Mais dans les écoles de campagne, il n’y a pas tous ces niveaux, et seuls les bons élèves des familles un peu plus aisées que la moyenne iront jusqu’en Terminale puis à l’université. L’objectif est surtout que tous sachent lire, écrire, compter, et parler Anglais. C’est difficile à imaginer, mais les zambiens apprennent la langue officielle du pays à l’école ! C’est donc beaucoup plus difficile pour eux comme apprentissage !
Le résultat, c’est que tout le monde ou presque sait lire en Zambie. En fait, on peut supposer que certaines personnes ne savent pas lire, parce qu’elles habitent tellement loin des écoles qu’elles n’y sont jamais allées, mais ces personnes ne se rencontrent pas dans les villes ou mêmes au bord des routes.
De même, beaucoup de Zambiens savent écrire, mais ils ont mois l’occasion que nous de le faire, donc on sent qu’ils ont moins l’habitude. Enfin, pour ce qui est de compter, les Zambiens ont souvent du mal. Il faut dire qu’ils n’ont pas de chance avec leur monnaie, qui se compte toujours en chiffres exhorbitants : 400 Kwachas pour un fruit, 400 000 Kachas pour un plein d’essence !
Maintenant, Coco, nous avons eu la chance de visiter une école il y a quelques jours, alors je vais essayer de te la décrire un peu. Quand on est rentrés dans la classe, tous les élèves se sont levés. Alors, notre accompagnatrice leur a dit : “Good morning, class !” Et ils ont répondu : “Good morning, Madam !” dans un très bel ensemble. Puis elle leur a demandé : “How are you ?” alors ils ont répondu (toujours ensemble) : “We are fine, thank you !” Puis elle leur a donné la permission de s’asseoir. Leur maître est un jeune homme qui vient de quitter l’école (Ca veut dire qu’il a terminé le Grade Twelve, pas qu’il a fait l’école buissonnière !) et il était en train de leur donner un cours d’Anglais. Il y avait une vingtaine d’enfants, de 8-10 ans. Au mur, un tableau noir, avec des phrases écrites à la craie. Leurs bureaux sont en bois, avec des tabourets de bois aussi.
Cette école est tenue par une paroisse catholique, donc elle essaie de venir en aide aux familles les plus démunies. En Zambie, l’école est gratuite, mais il faut quand méme pouvoir se payer les livres, les cahiers, les uniformes, bref, ce n’est pas énorme, mais c’est quand meme beaucoup pour certains. Cette école accueille donc des enfants de parents pauvres, et comme elle a bonne réputation, des enfants de famille plus aisées, qui payent leur scolarité, rendant la structure presque auto-suffisante. Comme il n’y a que les petites classes, les enfants qui souhaitent continuer leurs études sont ensuite soutenus financièrement par la paroisse.
Voilà ce que nous savons de l’école en Zambie ! A la fois, ça ressemble beaucoup à ce que nous connaissons en France, et en même temps, c’est très différent ; la structure est globalement la même, mais il y a des différences : maîtres pas formés, classes de plusieurs niveaux et très nombreuses, enfants qui ne peuvent pas continuer leur scolarité car ils sont trop pauvres… Mais il faut bien que tu te rendes compte que c’est encore très nouveau tout ça, contrairement à la France qui a eu des écoles et des maîtres d’école depuis des décennies.
J’espère avoir répondu à ta question, ça m’a fait plaisir en tout cas, donc n’hésite pas si toi ou tes frères et sœurs en avez d’autres !
09:53 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24 novembre 2006
Notre adresse postale... et quelques nouvelles
Adresse postale
Voici notre adresse tant que nous serons a Mpika ou dans les environs :
Dr Vincent and Mary GENDRIN
Mpika Diocese
PO BOX
450 007 MPIKA
ZAMBIE
(Cela dit, ce que vous envoyez, c'est a vos risques et perils ! A Lusaka, le courrier arrive 2 fois sur 3 en moyenne, alors a Mpika... Comptez 2 semaines de transit environ.)
Premieres gaffes
Avec l'intégration arrivent les premières gaffes... Hier, une de mes collègues me présente un responsable local d'une ONG. Moi, toute fière de mes progrès en Bemba, je lui tends la main et lui dis : “Mulishani !”
Là, il a un moment d’hésitation, et me répond : “How are you ? “… avec un gros accent américain… Hé oui, les Noirs ne sont pas tous Zambiens, je viens de l’apprendre à mes dépends…
Infos photos
J’ai trouvé un programme pour compresser les images efficacement, ce qui me permettra de vous mettre des photos sur le blog !
Infos betes sauvages (toujours pour les enfants de Calfab)
Un animal à rajouter sur la liste : des cigognes ! Non, ce n’est pas une blague, et d’abord, si vous trouvez que ce n’est pas original, sachez que celles-ci elles ont les ailes noires ! On en a vu un groupe d’une cinquantaine au moins en vol, c’est très impressionant. Elles viennent de migrer depuis la Turquie, et ici, on les attend de pied ferme… pour les chasser ! Paraît que c’est bon... Et pour rattraper la déception de la dernière fois, une photo d’une de nos colocataires…
09:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
19 novembre 2006
Bêtes sauvages
Pour l’instant, nous avons vu :
- des vaches brunes bossues et assez maigres (peut-être parce que nous sommes en saison sèche)
- Des chèvres en quantité le long de la route, en liberté avec leurs petits (la plupart des animaux mettent bas juste avant la saison des pluies, pour avoir de la nourriture en quantité)
- Quelques rares cochons
- Beaucoup de poules, assez maigrichonnes, qui ne pondent que très peu, mais qui sont tout à fait mangeables
- Des canards (mais seulement chez les Sœurs de Chalabesa)
- Des sortes de petits dindons, qui envahissent même le bord des pistes d’atterrissage de l’aéroport
- Des ânes et même quelques très rares chevaux
- Des crapauds-buffles qui font un bruit de pic-vert la nuit
- Des sauterelles et des grillons en permanence (hyper bruyant !!!)
- Des araignées de taille tout à fait respectables, qui restent complètement à plat sur les murs, et ne se soulèvent que pour aller chercher leur proie
- Des perce-oreilles
- Des termites qui s’envolent juste après la première averse, et qui perdent leurs ailes quelques heures plus tard, souvent contre les grillages des fenêtres car elles sont attirées par la lumière. Les termitières sont gigantesques (comme des maisons), mais très arrondies, comme les ballons des vosges. On peut les manger grillées, mais beaucoup de personnes y sont allergiques parait-il.
- Des fourmis et quelques moustiques qui attendent la vraie pluie pour pulluler
- Des marabouts qui sont des espèces de cigognes noires très laides qui mangent des charognes
- Des corbeaux avec une poitrine blanche
- Beaucoup de chats et quelques chiens
- Un serpent à peu près de la taille d’une vipère, qu’on écrasé sur la route (j’ai pas fait exprès, il a pas regardé en traversant !)
Pas de lions ni d'elephants donc, mais d'une certaine maniere, c'est rassurant !!!
16:21 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18 novembre 2006
2eme semaine zambienne
Coucou !
Nous revoilà pour un compte rendu de notre deuxième semaine zambienne.
Notre trajet de Lusaka à Mpika s’est bien déroulé, et comme Fr Thomas a conduit tout le long (900 km), on a bien profite du trajet.
A Mpika, nous sommes logés dans une maison au milieu d’une résidence pour les employés du diocèse. Maison grand luxe et grand confort, avec électricité, eau chaude, 3 chambres, une cuisine etc… Bref, du 4 étoiles, et on en profite. On n’est pas les seuls d’ailleurs, puisque nous partageons ce palace avec quelques charmants spécimens arachnéens… Au delà d’un certain poids, nous appelons les grosses araignées “un steak”, mais on n’a pas encore essaye d’en manger (moins tentant que l’impala…). Cela dit, on s’habitue très bien, et elles nous feront la chasse aux moustiques quand ils viendront nous voir.
Pour les repas, on bénéficie de la cantine du diocèse, ce qui risque de mettre en péril le régime de Claire-Marie mais pas les efforts de Vincent pour prendre du poids !
Lundi, nous sommes allés visiter Chilonga, le seul hôpital appartenant au diocèse. Il est a une vingtaine de km au Sud de Mpika. Une néerlandaise en est la directrice et le seul médecin, tout ça pour 200 lits, sans compter les consultations des “outpatients” : les patients qui ne restent pas dormir. Elle effectue des opérations comme césarienne, appendicectomie etc… Il y a en plus une école d’infirmière et une école de sage-femme. Bref, toute une structure !
Mardi, visite de Chalabesa, un dispensaire a l’Ouest de Mpika. Une vingtaine de lits, mais peu de patients, puisqu’on est juste avant la saison des pluies, ce qui implique d’une part peu de paludisme pour l’instant, et d’autre part, beaucoup de travaux dans les champs. Ce dispensaire est tenu par une soeur infirmière polonaise qui nous a impressionnés : depuis plus de 20 ans en Zambie, elle a renonce a sa culture, sa langue, sa famille, et surtout a une vie confortable, pour une vie au service des plus pauvres, dans une contrée très reculée, avec peu de moyens. Elle tient son jardin, ses poules, ses canards, elle fait elle-même ses tenues de travail, les rideaux du dispensaire, elle gère les stocks de médicaments etc… Heureusement, elle est aidée dans sa tache par deux autres soeurs zambiennes, qui ne sont pas moins méritantes… Bref, des gens extraordinaires, ici, ça devient presque … ordinaire.
Mercredi, vrai démarrage de l’aventure, puisque nous sommes partis seuls pour 3 jours “d’expédition” dans le Nord. Au programme, visite des 3 autres dispensaires du diocèse, Mulanga, Ilondola, et Mulilansolo. Difficile de résumer nos premiers contacts avec le bush, mais ce qui est sur, c’est que les Mussungu (les blancs) sont une véritable attraction pour les enfants, qui nous crient “hello” ou “how are you ?” ou “OK” (les quelques mots d’anglais qu’ils connaissent), quand ils nous voient passer.
On a vraiment l’impression que les Bembas aiment construire et faire de belles choses : les maisons sont en brique, généralement peintes, avec un toit de chaume, et il y a des constructions en cours partout ! Dans certains villages (qui sont des successions de maisons le long de la route), il y a clairement concurrence pour la plus belle décoration de la maison. Cela dit, le modèle “standard”, c’est une maison rectangulaire, de 2 mètres sur 3, peinte en blanc avec un liseré brun ou noir en bas. En plus de la maison, il y a souvent une hutte ronde sans murs, qui fait un peu office de salon, une hutte très resserrée et généralement surélevée qui fait office de silo a grain, et une spirale de roseaux séchés qui doit faire office de latrines.
Tout au bout de notre voyage : Mulilansolo. Depuis Mpika, c’est à peu près 170 km de route goudronnée, puis 70km de piste, puis encore 3km de piste pour s’enfoncer un peu plus dans le bush. C’est un magnifique village complètement perdu, sans électricité, sauf des panneaux solaires qui marchent de façon aléatoire. Tout y est en travaux : l’église, le dispensaire, les maisons des employés (dont la nôtre, qui est presque finie !), le couvent, et d’autres annexes.
Nous avons eu la délicate mission de leur expliquer que nous ne viendrions pas les aider pour le moment. L’hôpital de Chilonga (le premier qu’on a visité) a récemment perdu un de ses 2 docteurs, donc Pauline (la médecin néerlandaise) reste seule pour tout gérer ! Elle est déjà en train de craquer, ce qui se comprend aisément… Bref, Vincent va exercer à Chilonga, et du coup, Claire-Marie va reprendre la fonction exercée par Martin, précédent missionaire Fidesco : coordinateur santé du diocese.
Pour l’instant, on attend que Vincent soit enregistré comme médecin en Zambie pour pouvoir commencer à pratiquer, ce qui devrait prendre quelques semaines qui lui permettront de se familiariser avec les maladies et les pratiques locales. Ensuite, nous prévoyons de déménager à Chilonga pour que Vincent puisse être de garde et soutenir Pauline.
Désolés pour la longueur de cet article, mais c’est qu’il s’en est passé, des choses, cette semaine !
A bientôt !
15:55 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
10 novembre 2006
depart de Lusaka pour Mpika
Voila une grosse semaines que nous sommes a Lusaka que nous quittons demain a l'aube pour notre diocese, Mpika, a 7 heures de route d'ici. Nous avons rencontre plusieurs fois notre employeur, Father Thomas, qui est tres sympa.
Ils ont recemment perdu un medecin a l'hopital de Chilonga (200 lits, 30 km au Sud de Mpika sur la route principale, dirige par une medecin neerlandaise parait-il tres sympa, Pauline). Il se pourrait que Vincent se retrouve sur ce poste-la plutot qu'a Mulilansolo (meme si ils avaient vraiment envie qu'il y ait quelqu'un a Muli), et du coup, que Claire-Marie se retrouve coordinatrice sanitaire sur tout le diocese (gestion de tous les dispensaires et hostos du diocese, l'ancien poste de Martin Bonaime qui est reste vacant).
Mais rien n'est sur pour l'instant, nous allons deja atterrir et nous former sur place, le temps que Vincent ait ses papiers de travail , ce qui devrait prendre quelques semaines.
Nous avons aussi rencontre rapidement notre eveque, Mr Mpundu, qui est extrement sympa. Tout le monde dit du bien de lui. Il vient d'etre nomme a Lusaka, mais n'a pas de remplacant a Mpika pour l'instant et du coup, il continue a gerer le diocese (tant mieux).
Nous allons bien, la chaleur est suportable; pour l'instant, la nourriture est bonne (mais nous sommes encore en ville), et ils n'y a pas encore beaucoup de moustiques, car la pluie reste rare.
A bientot.
09:55 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06 novembre 2006
1ere semaine zambienne
Nous voilà depuis quelques jours à Lusaka, capitale de la Zambie. Le voyage s’est très bien passé, avec un trajet Paris-Johannesbourg effectué en Business Class ! (Fidesco a des accords avec Air France qui permettent le surclassement pour les coopérant s’il reste des places).
Ici, il fait chaud (entre 30 et 35°C), la saison des pluies est en train de commencer. Il pleut une ou deux fois par jour, sous forme de gros orages, et la terre sèche en quelques heures. Ca rafraîchit l’atmosphère, mais surtout, cela provoque beaucoup de vent ce qui est vraiment agréable.
Lusaka est une ville en plein essor, et nous sommes maintenant passés maître dans l’art de prendre le bus ; des minibus Volkswagen, en bleu et blanc, qui ne prennent que des passagers allant dans la même direction, et qui ne partent qu’une fois le bus plein (4 banquettes de 4 personnes). C’est dépaysant, mais c’est extrêmement efficace et économique ! On peut négocier un peu le prix, mais sinon, il y a un prix standard et qui est pratiqué même avec des blancs qui n’ont pas l’air très à l’aise. Pas de culture de l’arnaque ici, donc.
A part ça, nous avons un téléphone portable qui fonctionne sur le réseau zambien (et ça n’a pas été simple, plusieurs voyages ont été nécessaires), et nous avons repéré les 2 supermarchés de Lusaka, avec plein de produits de la « civilisation » : pâte, riz, dentifrice, savon, bougies… Bref, si on est vraiment isolés de tout à Mulilansolo, on reviendra faire le plein à Lusaka de temps en temps.
Voilà pour les premières nouvelles, nous sommes très impatients maintenant de rencontrer Father Thomas, notre boss, et de se mettre au travail ! Mais tout prend du temps ici, donc on essaie de ne pas trop compter les jours qui passent.
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01 novembre 2006
Départ, H-3
Dans 3 heures, nous serons dans l'avion... Si les baggages ont été acceptés avec leurs kilos supplémentaires !
Juste ce petit mot pour vous dire à tous un grand merci pour votre soutien ces derniers jours. Vous nous avez choyés, encouragés, envoyés des messages, des SMS. On sent qu'on n'est pas seuls !
Merci beaucoup pour votre soutien au long de ces deux ans. En décollant, nous penserons bien à vous, qui rendez cette aventure possible. Vous serez dans nos pensées, dans les difficultés et les joies de cette mission.
A bientôt, par mail, par courrier ou par pensée !
16:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note