26 septembre 2008

Dernière note avant départ ???


Bonjour à tous !

Nous voilà dans la dernière semaine de notre mission, au milieu des cartons, des derniers ajustements pour laisser nos missions dans un état correct, des repas d'adieu avec nos voisins et aussi... des grandes réflexions philsophiques et hautement intellectuelles du genre : quel temps fera-t-il à Johannesburg (étape entre Lusaka et Paris) ? Est-ce que tu crois qu'on devrait rapporter quelques chenilles pour ceux qui voudront gouter ? En arrivant à Paris, faudra qu'on ait quoi avec nous (héhé, plus besoin de workpermit ou autre, une carte d'identité suffit, en revanche, une carte visa bancaire peut etre utile, mais nous souvenons-nous encore des codes ?) ?

Bref, des moments intenses et déstabilisants, puisqu'on est un peu entre deux mondes maintenant...

En attendant, je profite de ces 5 minutes d'accalmie dans notre emploi du temps bien serré pour mettre en ligne nos rapports missionnaires.

rapport missionnaire 6-sans images.doc

rapport missionnaire 7-sans images.doc

rapport missionnaire 8-sans images.doc

Et je précise pour les quelques-uns d'entre vous qui font murir camemberts et munsters, qu'une femme enceinte, ca ne prend que du Babybel ou du St Moret... enfin... en théorie. Je suis en train de me dire que je vais utiliser mon mari comme gouteur, si rien ne lui arrive, je peux me lancer ! Ca me permettra meme, avec le retard induit, d'etre sure de manger du fromage bien fait...

Allez, see you soon !

 

 

28 août 2008

Ca y est !

 

On a nos billets d’avion. On partira donc le 1er Octobre au soir pour arriver le 2 sur Paris.

Faites le plein de camemberts (vous pouvez les acheter maintenant et les mettre de côté, vérifiez bien qu’il s’agit d’un fromage au lait cru et ne le stockez pas au frigo ! Ca devrait nous permettre de vous retrouver facilement une fois qu’on aura atterri…

Sinon, les choses bougent pas mal en ce moment autour de nous.

 

Les coopérants Fidesco de Monze rentrent en France Lundi. Un couple qui les avait rejoint il y a quelques mois va sans doute venir prendre des vacances chez nous, histoire de se mettre un peu au vert !

 

Au niveau du Diocèse, nous allons recevoir un nouvel Evêque, ça faisait 4 ans qu’on attendait une nomination, alors tout le monde est content ! Il va être ordonné Evêque le 28 Septembre. Juste avant qu’on parte… Ca fait tout drôle de se dire qu’il va y avoir tant de choses qui vont changer ici et qu’on sera loin  !

 

Sinon, comme vous le savez peut-être, le Président zambien est décédé la semaine dernière à Paris. On est donc au milieu des 9 jours de deuil national décrété pour la circonstance. La dépouille du chef d’Etat est en train de faire le tour de la Zambie pour que les zambiens puissent lui rendre hommage. Mwanawasa est le troisième Président zambien, mais le premier a décéder, et en plus, il était encore en fonction, ce qui justifie sans doute certains débordements d’émotion un peu incompréhensibles pour nous…

 

Des éléctions devraient avoir lieu dans les 3 mois. Ca aussi, on va le louper, c’est bizarre, n’est-ce pas ? Enfin, en tout cas, on souhaite qu’elles se passent dans le calme et que le nouveau Président soit à la hauteur de la tâche.

 

24 août 2008

Internet 2 : le retour ?

Hello ! Mulishani ?

 

 

Bon, alors après moultes coupures de courant, notre brave petit internet a rendu l’âme, et la compagnie chargée de nous le réparer n’est pas trop en état (patron ivre du matin au soir, secrétaire récupérant discrètement tout ce qui peut se vendre dans les bureaux ou l’arrière magasin avant de devoir quitter le navire).

 

 

Comme ladite compagnie est à Lusaka, soit 2 jours de route pour une journée là-bas, il a fallu pas mal de temps avant de prendre la décision de prendre un autre fournisseur (d’autant que le Diocèse avait payé pour un an, donc personne n’avait vraiment envie de changer en Août..).

 

 

En tout cas, on attend la nouvelle version d'internet avec impatience !

 

 

Pendant ce temps, on a continué sur notre lancée, complètement inconscients que la date de retour approchait à grand pas. La vie à l’hôpital suit son cours, avec ses hauts et ses bas, ses semaines super intenses et ses semaines plus tranquilles. Heureusement, à 3 médecins, le rythme est moins difficile à tenir. La renommée de Vincent commence à s’accroître pour de bon, avec des patients qui viennent de très loin pour le voir en consultation. Ne le dites pas, mais ça pose parfois problème aux soeurs en charge de l’hosto, quand un patient rapplique de loin (lire : il peut se payer le voyage, donc il est riche, donc il faut le traiter avec égards) et exige de voir le Dr Vincent à l’exclusion des autres. Enfin, elles se débrouillent, et les deux autres médecins n’en prennent pas ombrage, d’abord parce que ça les arrange que Vincent prenne des consultations supplémentaires et parfois un peu délicates, ensuite parce que leur truc, c’est plutôt la chirurgie, domaine dans lequel Vincent est ravi de leur laisser tout le travail… Donc ça se goupille pas mal. C’est d’autant mieux que ça permet à Vincent de ne pas décrocher complètement de la médecine de type “européen” : des patients exigeants, pas forcément très malades, qui souhaitent être informés et comprendre, qui ont pris ou vont prendre plusieurs avis, qui se sont renseignés sur internet et qui ont plein de suggestions à faire, qui demandent spécifiquement tel ou tel examen etc…

 

 

 

C’est pas tout à fait le patient moyen de Chilonga, qui arrive en général après 1 à 3 jours de marche, épuisé, complètement déboussolé, avec des symptômes souvent caricaturaux, et qui fait une confiance aveugle au personnel soignant, sans même comprendre vraiment la différence entre une sage-femme et un médecin. Un patient qui prend ses médicaments, même s’ils sont mauvais et le rendent malade, un patient tout surpris qu’un médecin passe autant de temps à lui poser des questions sur des trucs qui lui paraissent sans importance. Un patient qui ne pose pas de questions, docile et discipliné, très respectueux du médecin et du personnel de l’hôpital. Bref, pas le patient français de base. Pour être honnête, Vincent appréhende un peu le retour…

 

 

 

Pour Claire-Marie, les choses continuent aussi, avec des réunions et des meetings, comme on les aime, sans ordre du jour, sans heure de commencement, et heureusement plein de têtes connues pour papoter pendant la pause… Sans internet, le boulot s’est un peu ralentit, mais c’était une bonne chose, car elle est crevée en permanence, et le moindre truc la laisse épuisée et vidée de toute énergie…

 

 

 

Bref, tout ça ne sent pas encore trop le retour, meme s’il va falloir commencer à y penser sérieusement, maintenant. On n’a pas encore de date fixée, puisque Fidesco passe par une agence de voyage, mais ce qui est sûr (enfin, “sûr” au sens africain), c’est qu’on devrait revenir dans le courant de la première semaine d’Octobre.

 

 

 

Comment on voit les choses ?

 

 

 

Alors, il y a ce qui va être difficile de quitter :

 

 

 

- nos amis, nos collègues, et puis tous ces héros anonymes et discrets qui nous ont donné de grandes leçons de générosité, de patience, de sacrifice de soi.

 

 

 

- le rythme d’ici, où les choses se font quand elles se font, sans jamais essayer de passer en force

 

 

 

- la proximité avec la nature. Ici, même si on n’est pas paysan, on est forcément très proche de la nature et de ses rythmes. On sait quand la lune est pleine parce que le jardin est illuminé le soir, et puis parce qu’on rencontre plein de gens sur la route la nuit. Tous les couchers de soleil (ou presque) sont magnifiques, alors on s’arrête souvent pour en regarder un moment.

 

 

 

- une vie plus simple, plus dépouillée, avec moins de tracasseries qu’en France.

 

 

 

Et puis il y toutes ces petites choses qui vont nous faire tout drôle quand on va revenir :

 

 

 

- faire la bise à des inconnus (même pour des personnes de sexe différent, c’est hyper choquant, non ?)

 

 

 

- pouvoir remplir son verre d’eau directement au robinet

 

 

 

- faire les courses pour une semaine et pas pour 3 mois

 

 

 

- ne pas être poursuivi par les enfants du quartier qui rêvent de serrer la main à un Blanc, ne plus être le point de mire de toutes les vendeuses du marché.

 

 

 

- retrouver l’agitation et la circulation des villes, avec des stops, des feux rouges, des passages piétons, des priorités etc.

 

 

 

- prendre le train, avec des horaires fixes à respecter, des tarifs non négotiables, et sans doute ni poule ni chèvre dans le wagon…

 

 

 

- des urgences médicales … urgentes, où on ne se salue pas avant de faire le bilan du patient…

 

 

 

- et plein d’autres choses qu’on vous racontera en arrivant !

27 juillet 2008

Grande nouvelle !

Amis lecteurs, bonjour !

 

Nous sommes heureux de vous annoncer que nous attendons un bébé pour Janvier 2009. Le petit zambien se porte bien, les parents aussi.

 

Nous recevons en ce moment des coopérants Fidesco de Lusaka pour quelques jours. Une super occasion de partager nos expériences et nos difficultés. Une bonne excuse aussi pour se faire de petits plats, avec quelques extras.

 

Les conditions de leur séjour ne sont pas optimales, avec des coupures incessantes d’eau et d’électricté. Heureusement ils sont patients et adaptables.

 

On se rend compte aussi que notre vie est très provinciale par rapport à nos amis de Lusaka. Du coup, on appréhende d’autant plus le retour à la vie française !

 

A bientôt !

28 juin 2008

Donner intelligent !

Coucou les amis ! C’est encore Vincent qui prend le clavier.

Claire-Marie est occupée à finaliser le budget des Rural Health Center pour Caritas Pays-Bas, qui doit commencer les donations au premier Juillet.

Ça n’a pas été évident, mais ça semble finalement vouloir se faire, alors que tout semblait encore sur le point de capoter encore avant-hier (on a eu droit à quelques exemples typiques d’incompréhension entre donneurs européens et situation locale).

Par exemple, le prix au kilomètre proposé par le diocèse pour mettre à disposition un véhicule pour le projet de Caritas semblait trop élevé. Du coup, le comptable néerlandais demandait si on ne pouvait pas louer un des véhicules de l’hôpital de Chilonga à la place !

D’abord, Chilonga a besoin de toutes ses ambulances, ensuite, c’est le diocèse qui entretient les véhicules de Chilonga (du coup c’est le même prix), et enfin, si on est - un peu - plus cher que d’autres diocèses, c’est que nos dispensaires ne sont accessibles que par piste, et que, du coup, nos voitures ont besoin d’être révisées tous les 5000 km, contre 25 000 km pour les autres diocèses.

Et pourtant, Caritas est relativement bien renseigné, et bien implanté localement, par rapport à bon nombre d’ONG (ou de donneurs publics), qui n’ont aucune idée de la situation locale, et arrivent avec des exigences très occidentales : assurance qualité, exercice d’évacuation incendie, comité de préparation pour les catastrophes, politique de lutte contre les infections nosocomiales, réunions et formulaires à répétition… Alors que nous ne sommes même pas fichus de trouver un dentiste, pour un district de 300 000 âmes depuis 6 mois !

Du coup, les standards (théoriques) de santé en Zambie, dictés par l’aide internationale, sont les même qu’aux USA ou qu’en France, alors que nous-mêmes nous avons du mal à les appliquer, avec un PIB je ne sais combien de fois plus élevé. Et, sur le terrain, les médecins, au lieu de soigner les patients qui en ont cruellement besoin, sont occupés en réunions, strategic plannings, rapports, pour (sur le papier) se conformer aux exigences des donnateurs !

Je ne dis pas que ce n’est pas bien de sortir un peu le nez du guidon pour mieux s’organiser, mais faut garder un peu la mesure !

C’était le coup de gueule du Samedi midi, on va manger, ça ira mieux après !

Bises,

Vincent